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Construite dans un delta, la ville de Pierre Ier est répartie sur plusieurs îles, environ cinquantaine, le tsar lui-même ayant longtemps hésité avant de choisir celle qui devait constituer le centre urbain. La question de communication entre ces îles n’était pas son souci majeur puisque son moyen de transport personnel était un bateau. En revanche, le creusement de canaux était à ses yeux primondial, d’abord parce que l’assèchement des marais, d’où procédaient les possibilités de construction, était tributaire de l’organisation du drainage, ensuite parce que l’aménagement des canaux et des affluents de la Néva en voies naviguables faisait de l’élément liquide le complice de l’urbanisme et du constructeur. La voie royale restait la Néva qui permettait de joindre rapidement unpoint à l’autre. Mais la maîtrise de l’eau et de sa circulation, tout en contribuant à créer une architecture particulière puisque intrinsèquement dépendante des berges, offrait en contrepartie le moyen de communication le plus adéquat, celui ci qui, en été, permettait de se déplacer rapidement en barque ou en bateau mâté, et l’hiver en traîneau. Les acteurs de da programmation sont des ingénieurs étrangers, de préférance hollandais, comme Hermann Van Bolès qui donnent le trace de l’ouvrage, et des entrepreneurs russes, patrons d’un petit établissement avec des ouvriers serfs, comme Semion Krioukov, qui doivent assumer l’aménagement des berges en même temps que le travail de creusement des canaux.

Entre 1711 et 1719 six canaux parallèles sont creusés, qui relientla Néva à la Moïka : le canal des Cygnes, le canal Rouge, le canal d’Hiver, le canal Krioukov, le nouveau canal de l’Amirauté et le canal « sans nom »qui détermine la limite de la partie occidentale du nouveau territoire annexé à l’Amirauté. Le canal Krioukov sera prolongé jusqu’àla Fontanka à la fin du XVIIIe siècle et ses quais seront construits en granit dans le cadre des grands travaux d’aménagement et de renforcement des rives des voies fluviales commandés par Catherine II.  L’île triangulaire formé parla Moïka, le canal Krioukov et le canal de l’Amirauté prendra le nom de « Nouvelle Hollande » en mémoire de la petite maison hollandaise du tsar Pierre. Les réserves de grumes seront abritées, debout, dans les bâtiments construits par Savva Tchevakinski et l’architecte Vallin de La Mothe dotera les entrepôts d’une entrée monumentale en 1765.

Les autres canaux, aujourd’hui en partie comblés, mais creusés à la même époque, sont perpendiculaires aux six canaux précédents, c’est-à-dire parallèles à la Néva, entre autres le canal d’Eté, creusé à travers le jardin d’Eté, qui réunit la Fontanka au canal des Cygnes, et le canal de l’Amirauté qui va de l’Amirauté à la Moïka en croisant le canal Krioukov. Du temps de Pierre le Grand cette partie de la ville est donc quadrillée par des canaux navigables dont le modèle devait être l’île Vassilievski, selon le plan dessiné par le Français Jean-Baptiste-Alexandre Le Blond, mais qui ne sera pas réalisé. A l’époque de Pierre le Grand l’île Vassilievski  est creusé dans sa largeur par dix canaux navigables doublés de dix rues appelées lignes, destinées à desservir les entrepôts qu’ils longent. Beaucoup portent d’ailleurs le nom spécifique des entrepôts qui les bordent. On a ainsi le canal du Vin, le canal de l’Huile, le canal du Lard. Toutes ces voies d’eau sont franchies par des ponts de bois basculants qui permettent le passage des bateaux comme celui des piétons. Face à la Pointe de l’île Vassilievski, le canal du Kronwerk isole totalement l’île aux Lièvres transformée en forteresse. Il doit son nom à l’ouvrage de fortification en forme de couronne construit sur l’île Pétersbourg, dès la fondation de la ville, pour apporter une protection supplémentaire à l’île fortifiée.

L’assèchement progressif des marais permet au milieu du XVIIIe siècle l’aménagement des routes de terre, mais ces voies terrestres vont exiger le renforcement des berges qui sera entrepris dès le règne d’Elisabeth Ire (1741-1762). Catherine II fait continuer ces travaux. Elle engage à son service l’ingénieur de l’armée Friedrich Wilhelm Bauer qui dirige l’aménagement des quais de la Fontanka dans les années 1780. L’apogée de ce type de travaux est, au début du XIXe siècle, l’aménagement de la Strelka, la Pointede l’île Vassilievski. Le projet du Français Thomas de Thomon, réalisé entre 1805 et 1810, accompagne la construction de la Bourse maritime en forme d’un temple antique. Les travaux de terrassement arrondissent l’extrémité de l’île et son galbe est maintenu par une gaine de granit qui laisse descendre vers le fleuve deux rampes en courbe. Le site ainsi créé devient une célébrité chantée par les poètes, les écrivains, les voyageurs qui ne se lassent pas de la beauté de l’endroit. Théophile Gautier va se poster devant le Palais de Marbre et se retourne pour admirer la « pointe opposée au fil de l’eau qui est décorée d’une manière architecturale et grandiose ». Сette merveille architecturale est située au point où la Néva se divise en Grande Néva et Petite Néva, sur les deux les ponts sont jetés. Aujourd’hui on compte environ cent cinquante ponts dans le centre ville. Il faut cependant bien distinguer les énormes ponts mobiles dela Néva des ponts des cours d’eau intérieurs qui, de moindre portée, ont été réalisés beaucoup plus tôt. Les ponts à tours est entreprise entre 1780 et 1789 sous la direction de Friedrich Wilhelm Bauer. Les ingénieurs Ivan Borissov et Karl Moderakh poursuivent son travail après sa mort. Six pont sont construit sur le même type. Entre quantre superstructures en forme de tour que supportent quatre piles au milieu de la rivière pendent de lourdes chaînes qui descendent jusqu’au tabler du pont. C’était autrefois le mécanisme de levage. Aujourd’hui ce n’est plus qu’un souvenir décoratif de l’ancien système. Il ne reste aujourd’hui de cet ensemble que le pont Tchernichev (Lomonossov) et le pont Staro-Kalinkine. La grande nouveauté du début du XIXe siècle est la multiplication des ponts en fonte. La découverte de la remarquable résistance de la fonte aux efforts de compression induit son emploi dans la construction des ponts. Une première série de ponts en fonte surla Moïka est lancée, à partir de 1806, par l’architecte ingénieur écossais William Hestie : le pont dla Police, le pont « des Baisers », le pont Rouge, le pont Bleu. De 1823 à  1826 donc en un laps de temps très court, six ponts à chaînes sont construits à Saint-Pétersbourg. Le pont Panteleïmon surla Fontanka, à côté de l’église consacrée à ce saint, et le pont Egyptien, également sur la Fontanka, sont les ponts à voie carrossable tandis que les ponts dela Banque et des Lions sur le canal Griboïedov, le pont de la Poste sur la Moïka sont des ponts piétonniers.

Le charme des canaux, la beauté des ponts, la monumentalité des quais… C’est la Venise du Nord. Découvrez Saint-Pétersbourg au fil de l’eau !

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